Féministe

Être une femme à la Belle Epoque

Si la carrière de Suzanne Noël est loin d’être une évidence au début du XXe siècle car elle investit un milieu presque exclusivement masculin, elle doit se battre sur bien d’autres sujets : les femmes françaises sont en effet à l’époque des citoyennes de seconde zone : complétement dépendantes de leurs maris, elle ne peuvent pas travailler sans autorisation ou gérer leurs propres affaires. Un vaste mouvement de revendications se met en place à la fin du XIXe siècle et s’amplifie tout particulièrement au sortir de la Grande Guerre.

Une suffragiste engagée

Suzanne Noël s’intéresse particulièrement à la condition féminine : les revendications pour le droit de vote des femmes, le droit au travail et la fin des discriminations professionnelles la touche particulièrement.
Elle fait partie des femmes qui manifestent publiquement leurs revendications pour le droit de vote et elle porte la phrase je veux voter brodée en lettres dorées sur son chapeau. Elle est également membre du mouvement féministe, l’Union Française et l’alliance internationale pour le Suffrage des Femmes, et de son comité central. L’UFSF exhorte alors les femmes qui travaillent à faire la grève de l’impôt puisqu’elles ne peuvent pas voter pour décider de la manière dont l’argent public est dépensé. Suzanne Noël sera chargée d’organiser cette grève en 1931.


Quand les femmes obtiennent finalement le droit de vote en 1944, Suzanne Noël est interviewée en tant que figure du suffragisme, et elle votera pour la première fois l’année suivante après plus de trente ans de militantisme.